Camions russes KamAZ : les meilleurs au monde

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Le 16 février 1976, le premier camion KamAZ sort de l’usine de Naberezhnye Tchelny, en Tatarstan. C’est le modèle KamAZ-5320, un poids lourd qui va rouler pendant 25 ans et imposer les camions russes KamAZ sur la scène mondiale. Je me souviens avoir vu des photos de cette chaîne de montage : 21 camions par jour dès la première année, une cadence impressionnante pour une usine construite en seulement 5 ans, sans aide extérieure. Depuis, KamAZ n’a jamais vraiment quitté le devant de la scène, que ce soit dans le transport civil, l’industrie militaire ou les pistes du Rallye Dakar.

Histoire et naissance d’un géant industriel russe

Les travaux de l’usine débutent le 13 décembre 1969. Fondée la même année, KamAZ (Kamski Avtomobilny Zavod) s’installe à Naberezhnye Tchelny, avec une seconde unité à Neftekamsk en Bachkirie. L’ambition est claire : doter l’Union soviétique d’un constructeur de poids lourds capable de rivaliser avec les grandes marques occidentales.

Dès juin 1979, le 100 000e camion sort des chaînes. La machine tourne à plein régime. Mais l’histoire industrielle de KamAZ n’est pas sans accrocs. Le 14 avril 1993, un incendie ravage l’usine de moteurs, un coup dur qui ralentit sérieusement la production. Puis, le 25 juin 1990, l’usine d’État bascule en société anonyme par actions et entre dans l’ère de la privatisation.

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L’ouverture au capital étranger suit rapidement. En décembre 2008, Daimler AG devient partenaire industriel stratégique et monte à 10% du capital, puis à 15% au 31 décembre 2017. La BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) prend 4% en 2010. Le gouvernement russe conserve 49,9% des parts, tandis que l’auto-détention représente 31,51%. Ce modèle d’actionnariat mixte permet à KamAZ de moderniser ses outils de production : 70% des machines ont été importées d’Allemagne, des États-Unis, d’Italie, de Suède et du Japon.

En 2016, le groupe emploie 36 000 personnes et affiche un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros. En 2019, ce chiffre grimpe à 156,6 milliards de roubles, soit environ 2,27 milliards d’euros. Si vous vous interrogez sur la manière dont les constructeurs automobiles estiment la valeur de leurs véhicules, sachez que KamAZ applique des méthodes comparables aux standards européens pour ses exportations. Le groupe contrôle plus de 110 filiales et détient des participations dans environ 50 entreprises, avec une capacité de production théorique de 65 000 camions, 1 000 autobus et 75 000 moteurs Diesel par an.

Une gamme civile et militaire d’une remarquable diversité

La force de KamAZ, c’est sa capacité à couvrir des usages radicalement différents avec une trentaine de modèles. Sur le segment civil, les références s’enchaînent depuis les années 1970. Le KamAZ-5410, tracteur 6×4 produit de 1976 à 2006, a tracté des milliers de remorques à travers la Russie. Le KamAZ-6540, camion benne 8×4 lancé en 1996, reste un outil de chantier indispensable. Plus récent, le KamAZ-65802 lancé en 2016 adopte une cabine issue d’un partenariat avec la division poids lourds de Daimler, signe de l’influence de ce partenariat stratégique.

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Quelques modèles civils emblématiques de la gamme KamAZ
Modèle Type Transmission Période
KamAZ-5320 Camion benne 6×4 1976-2000
KamAZ-4326 Châssis cabine 4×4 depuis 1995
KamAZ-6520 Benne chantier 6×4 depuis 2002
KamAZ-65802 Benne / cabine Mercedes 6×6 depuis 2016

Du côté militaire, la palette est tout aussi large. Le KamAZ-4310, produit pendant 40 ans, mesurait 7 650 mm de long pour un poids de 8 410 kg et une charge utile de 6 000 kg. Sa garde au sol de 365 mm et sa consommation de 41 litres aux 100 km en faisaient un compromis robuste pour les terrains difficiles. Les troupes soviétiques stationnées en Afghanistan en étaient particulièrement satisfaites. Le KamAZ-6350, lancé en 1998 et surnommé “Mustang”, fonctionne aussi bien dans le grand froid arctique que sous la chaleur intense du Proche-Orient : les forces armées royales saoudiennes l’utilisent pour cette raison. Le KamAZ-Typhoon, lancé en 2015, équipe aujourd’hui la police militaire russe, les services de renseignement et les unités des forces spéciales, disponible en versions 4×4, 6×6 et 8×8. Pour suivre les évolutions technologiques en matière de motorisation, la question de l’électrique face aux motorisations thermiques touche aussi l’industrie des poids lourds, même si KamAZ reste pour l’instant ancré sur le Diesel.

Camions russes KamAZ : les meilleurs au monde

Le Rallye Dakar, terrain de gloire des camions KamAZ

Parler des poids lourds russes KamAZ sans évoquer le sport automobile serait une erreur. L’équipe KAMAZ Master a remporté 19 fois le classement général camion au Rallye Dakar, 10 fois le Rallye de la Route de la Soie et 4 fois l’Africa Eco Race. Ces victoires ne doivent rien au hasard.

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Le palmarès individuel donne le vertige :

  • Vladimir Chagin : 7 victoires au Dakar (2000, 2002, 2003, 2004, 2006, 2010, 2011)
  • Eduard Nikolaev : 4 victoires au Dakar (2013, 2017, 2018, 2019)
  • Dmitry Sotnikov : vainqueur au Dakar en 2021 et 2022, et à l’Africa Eco Race en 2024
  • Anton Shibalov : 3 victoires au Dakar (2013, 2015, 2016)
  • Andrey Karginov : vainqueur au Dakar en 2014 et 2020

Le véhicule vedette de l’équipe reste le KamAZ-4326-9 VK, un monstre de 9 tonnes capable d’atteindre 140 km/h sur terrain accidenté. Je ne connais pas beaucoup de machines capables d’un tel exploit. Ces performances en compétition ont un effet direct sur la crédibilité commerciale de la marque : en 2006, KamAZ représentait 54,4% de la production russe de poids lourds et 6,6% de la production européenne. Pour maintenir de telles performances techniques, l’entretien régulier reste fondamental, tout comme réussir son contrôle technique sans mauvaise surprise l’est pour n’importe quel véhicule. Les innovations développées en compétition, notamment sur les suspensions et la gestion thermique des moteurs, migrent ensuite vers les modèles civils et militaires, ce qui distingue KamAZ d’un simple assembleur. Pour ceux qui s’interrogent sur l’optimisation des consommations, les ingénieurs de KamAZ partagent une préoccupation similaire à celle d’un conducteur cherchant à diminuer sa consommation sur un véhicule essence : chaque litre compte, surtout à grande échelle.

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