134 800 agents, dont 94% de femmes : les AESH forment l’une des professions les plus féminisées de la fonction publique, et pourtant l’une des moins bien rémunérées. Malgré une revalorisation de 11% à 14% au 1er janvier 2024, la question du salaire reste au cœur des revendications syndicales. En 2026, le sujet prend une nouvelle dimension avec les discussions autour d’une possible fonctionnarisation et les effets concrets du relèvement du SMIC. Voici ce qu’il faut savoir.
AESH augmentation salaire 2026 : ce que dit vraiment la grille indiciaire
La grille de rémunération des AESH comprend 11 échelons, allant de l’indice majoré 371 à l’indice 455. Depuis le 1er juillet 2023, la valeur du point d’indice est fixée à 4,92278 €. Le salaire brut mensuel se calcule en multipliant l’indice majoré par cette valeur, puis par la quotité de travail de l’agent.
En 2026, un AESH débutant à temps plein perçoit 1 826 € brut par mois (échelon 1). Après plus de 30 ans de carrière (échelon 11), ce montant atteint 2 240 € brut mensuel. Ces chiffres correspondent à un temps plein théorique, soit 1 607 heures annuelles.
Le problème, c’est que la réalité du terrain est bien différente. La quasi-totalité des AESH travaillent environ 24 heures hebdomadaires, sur 41 semaines par an (en incluant les activités annexes comme les réunions et les formations). Ce calcul donne une quotité de travail d’environ 62% (24 × 41 = 984 heures / 1 607). Résultat : un salaire mensuel brut de 1 131,70 € en début de carrière, soit un niveau inférieur ou égal au SMIC.
| Situation | Salaire brut mensuel (2026) |
|---|---|
| Échelon 1, temps plein | 1 826 € |
| Échelon 11 (30+ ans), temps plein | 2 240 € |
| Échelon 1, quotité 62% (24 h/semaine) | 1 131,70 € |
| SMIC brut mensuel (1er janvier 2026) | 1 823,03 € |
Depuis le 1er janvier 2026, l’indice majoré plancher des AESH est fixé à 371, ce qui signifie que les agents nouvellement recrutés touchent exactement le SMIC. Conformément à un arrêt du Conseil d’État du 23 avril 1982, aucun agent public ne peut être rémunéré en deçà de ce seuil. Autrement dit, l’augmentation du SMIC à 1 823,03 € au 1er janvier 2026 (contre 1 801,80 € en 2025) aligne mécaniquement les bas de grille, sans créer de réel progression.
Le SNALC dénonce ce tassement de grille et réclame une échelle de rémunération mobile pour les contractuels, avec un avancement accéléré sur les premiers échelons. Pour les agents qui cherchent à optimiser leur budget mensuel avec de tels revenus, la marge de manœuvre reste étroite.
Les indemnités qui complètent la rémunération des AESH
Au-delà de l’indice, plusieurs indemnités viennent s’ajouter au salaire de base. Depuis janvier 2024, une indemnité de fonctions de 1 529 € brut annuels a été créée, soit 79 € brut par mois pour un contrat à 62%. Les AESH référents, eux, bénéficient d’une indemnité spécifique portée à 660 € brut par an depuis juillet 2023, soit une hausse de 10%.
Pour les agents exerçant dans un Réseau d’éducation prioritaire (REP ou REP+), les montants varient :
- Indemnité REP : 92,17 € brut par mois à temps plein, ou 57,15 € pour 24 heures.
- Indemnité REP+ : 271,92 € brut par mois à temps plein, plus une part variable pouvant atteindre 448 € annuels, ou 168,59 € pour 24 heures.
Ces montants font l’objet de contentieux syndicaux, car ils restent inférieurs à ceux des autres catégories de personnel. Une décision du Conseil d’État du 16 juillet 2025 permet aux AESH en REP/REP+ avant le 1er janvier 2023 de demander une rétroactivité, mais celle-ci n’est pas automatique.
D’autres aides complètent le tableau : le remboursement des titres de transport collectif, relevé de 50% à 75% pour la fonction publique, l’indemnité de résidence (jusqu’à 3% en zone 1, notamment en Île-de-France, dans les Bouches-du-Rhône, la Loire-Atlantique, le Var et en Corse), et le Supplément familial de traitement (SFT) pour les agents avec au moins un enfant de moins de 20 ans à charge. Aucune de ces aides n’est versée automatiquement : une démarche active auprès de l’employeur reste nécessaire. Face à des fins de mois difficiles, certains AESH se tournent aussi vers des solutions comme le microcrédit personnel pour faire face aux imprévus.
Fonctionnarisation et avenir du métier : où en sont les négociations ?
Le 17 mars 2026, une déclaration commune signée par la FSU, l’UNSA, la CFDT, la CGT, le SNALC et SUD exigeait la création d’un réel statut pour les AESH, avec un salaire digne et un temps plein choisi. Le 7 janvier 2026, le Sénat avait pourtant rejeté une proposition de loi visant à améliorer leurs conditions d’emploi.
Un groupe de travail ministériel s’est tenu le 20 mai 2026, et le ministre avait confirmé le 29 avril 2026 son intention de travailler à une fonctionnarisation partielle par voie de concours. Un rapport conjoint IGÉSR/IGAS remis en 2025 précisait que seulement 10 à 20% des AESH pourraient accéder à ce statut. Ce même rapport n’avait interrogé que 75 AESH sur les 300 personnes consultées, soit 0,05% des 140 000 agents en poste, ce que le SNALC a vivement critiqué.
Le prochain groupe de travail était prévu le 17 juin 2026. Il devait surtout aborder les conditions de recrutement, le temps de travail et la rémunération. Pour les AESH déjà en CDI, se pose aussi la question de diminuer leurs mensualités de crédit dans l’attente d’une revalorisation salariale concrète. Le chemin vers un statut stabilisé reste long, mais le sujet n’a jamais été aussi présent dans le débat public.

